Travaux dans un Logement en Location : Règles et Obligations
À retenir
- Nous illustrons nos explications par des montants en dirhams (MAD), avec un équivalent indicatif en euros (base approximative de 11 MAD pour 1 €).
- Au Maroc, les rapports entre bailleurs et locataires de locaux à usage d'habitation ou professionnel sont régis par la loi n° 67-12, promulguée par le Dahir n° 1-13-111 du 19 novembre 2013, qui a remplacé l'ancien Dahir de 1980.
- Le devis s'élève à 18 000 MAD (environ 1 640 €).
- L'infiltration gagne le mur, le devis grimpe à 45 000 MAD (environ 4 090 €), et le locataire, après mise en demeure, obtient du tribunal l'autorisation de faire réaliser une partie des travaux à déduire du loyer.
Article mis à jour en 2026, rédigé par l’équipe d’Armonia Solutions, conciergerie et gestion locative à Marrakech et Agadir, présente à Paris et au Maroc. Contenu informatif ne remplaçant pas l’avis d’un avocat ou d’un notaire.
Les travaux dans un logement en location au Maroc sont une source fréquente de tension entre bailleurs et locataires. Qui doit payer quoi ? Le propriétaire peut-il entrer pour réaliser des travaux ? Que se passe-t-il si le bailleur tarde à réparer une fuite ou une installation défaillante ? Une bonne connaissance des règles permet d’éviter les litiges, de préserver la valeur du bien et de maintenir une relation locative sereine. Ce guide fait le point sur le partage des responsabilités, la procédure à suivre et les bonnes pratiques, à la lumière de la législation marocaine en vigueur.
Nous illustrons nos explications par des montants en dirhams (MAD), avec un équivalent indicatif en euros (base approximative de 11 MAD pour 1 €). Les règles présentées sont générales ; chaque situation particulière mérite l’avis d’un professionnel du droit.
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Chiffres clés et répartition (2026)
Le tableau ci-dessous résume la logique générale de répartition des travaux entre bailleur et locataire, telle qu’elle découle du cadre légal marocain. Il s’agit d’un repère, à confronter au contenu précis de votre contrat de bail.
| Type de travaux | À la charge de | Exemples |
|---|---|---|
| Grosses réparations | Bailleur | Toiture, murs porteurs, fondations, installations principales |
| Réparations locatives | Locataire | Petites réparations, serrures, peinture intérieure, joints |
| Entretien courant | Locataire | Nettoyage, menu entretien des équipements |
| Vétusté et usure normale | Bailleur | Dégradations liées au temps, non imputables au locataire |
Le cadre juridique : la loi n° 67-12
Au Maroc, les rapports entre bailleurs et locataires de locaux à usage d’habitation ou professionnel sont régis par la loi n° 67-12, promulguée par le Dahir n° 1-13-111 du 19 novembre 2013, qui a remplacé l’ancien Dahir de 1980. Ce texte encadre la conclusion du bail, le paiement du loyer, les obligations de chaque partie et les conditions de résiliation. En matière de travaux, il pose un principe simple : le bailleur garantit au locataire la jouissance paisible d’un logement décent, et chacun assume la catégorie de réparations qui lui incombe.
La loi impose au bailleur de délivrer un logement répondant à des exigences essentielles, étanchéité, aération, accès à l’eau et à l’électricité, et de le maintenir en état de servir à l’usage prévu. Le locataire, de son côté, doit user du bien « en bon père de famille », c’est-à-dire avec soin, et le restituer en bon état à la fin du bail, sous réserve de l’usure normale. Cette articulation est le socle de tout ce qui suit.
Les grosses réparations : la charge du bailleur
Les grosses réparations relèvent du propriétaire. Elles concernent tout ce qui touche à la solidité et à la pérennité du bâtiment : la structure (murs porteurs, fondations), la toiture, les installations principales de plomberie et d’électricité, ainsi que les parties communes dans un immeuble collectif. Ces travaux ne sont pas optionnels : ils conditionnent l’habitabilité du logement et la sécurité de ses occupants.
Le bailleur a tout intérêt à les anticiper plutôt qu’à les subir. Une infiltration non traitée se transforme en désordre structurel coûteux ; une installation électrique vétuste fait courir un risque réel. Programmer un entretien régulier et constituer une provision pour gros travaux protègent à la fois le patrimoine et la relation locative. Pour un bien mis en location courte durée, où la rotation est forte, cette rigueur est encore plus déterminante.
Les réparations locatives : la charge du locataire
À l’inverse, les réparations dites locatives et l’entretien courant incombent au locataire. Il s’agit des menues réparations du quotidien : remplacement de joints, entretien des robinets, petites reprises de peinture intérieure, serrures, vitres cassées de son fait. Le locataire doit aussi entretenir les équipements mis à sa disposition et signaler sans délai les désordres qui relèvent du bailleur.
La frontière entre réparation locative et grosse réparation est parfois floue, et c’est précisément là que naissent les litiges. Un état des lieux d’entrée et de sortie détaillé, accompagné de photos datées, constitue la meilleure protection pour les deux parties. Il permet de distinguer ce qui relève de l’usure normale, à la charge du bailleur, de ce qui résulte d’un défaut d’entretien ou d’une dégradation imputable au locataire.
| Désordre | Origine probable | Charge |
|---|---|---|
| Fuite sur canalisation encastrée | Installation principale | Bailleur |
| Joint de robinet usé | Entretien courant | Locataire |
| Peinture défraîchie après des années | Usure normale | Bailleur |
| Vitre brisée par négligence | Dégradation | Locataire |
Que faire si le bailleur tarde à réaliser les travaux ?
La loi 67-12 protège le locataire confronté à un bailleur défaillant. Lorsque des réparations nécessaires à la jouissance du logement ne sont pas exécutées, le locataire peut, après mise en demeure, saisir le tribunal pour obtenir l’autorisation de faire réaliser les travaux et en déduire le coût du loyer. Cette voie suppose toutefois de respecter une procédure : conserver les preuves du désordre, adresser une demande écrite au bailleur, puis, à défaut de réaction, agir en justice.
Pour le bailleur, la leçon est claire : ignorer une demande légitime de réparation expose à voir les travaux réalisés sans son contrôle, parfois à un coût plus élevé, et déduits du loyer. Mieux vaut traiter rapidement les signalements sérieux. Pour le locataire, l’enseignement est tout aussi net : la procédure protège, mais elle exige de la rigueur documentaire et ne dispense pas du dialogue préalable.
Travaux en cours de bail : accès et préavis
Le bailleur peut avoir besoin d’accéder au logement pour réaliser des travaux nécessaires. Ce droit d’accès doit s’exercer dans le respect de la vie privée du locataire : il suppose un préavis raisonnable, un horaire convenu et une justification réelle. Le locataire, de son côté, ne peut s’opposer abusivement à des travaux indispensables, mais il peut demander que leur exécution limite la gêne et, selon les cas, une réduction de loyer si la jouissance est durablement amputée.
La clé est l’écrit : un courrier annonçant la nature des travaux, leur durée prévisionnelle et les modalités d’accès évite la plupart des malentendus. Pour les biens gérés en location, formaliser ces échanges fait partie d’une gestion professionnelle et protège les deux parties en cas de désaccord ultérieur.
Étude de cas chiffrée (exemple illustratif)
Le cas suivant est fictif et pédagogique. Un bailleur loue un appartement à Marrakech. Une infiltration apparaît au plafond d’une chambre, provenant d’une canalisation encastrée, donc une grosse réparation à sa charge. Le devis s’élève à 18 000 MAD (environ 1 640 €). Le bailleur traite rapidement le problème : coût maîtrisé, locataire rassuré, bail préservé.
À l’inverse, imaginons qu’il ait ignoré les signalements pendant des mois. L’infiltration gagne le mur, le devis grimpe à 45 000 MAD (environ 4 090 €), et le locataire, après mise en demeure, obtient du tribunal l’autorisation de faire réaliser une partie des travaux à déduire du loyer. L’inaction aura coûté plus cher et dégradé la relation. Cet exemple illustre une règle d’or de la gestion locative : un petit problème traité tôt vaut mieux qu’un gros problème subi tard.
Simulateur : provision annuelle pour travaux
Constituer une réserve pour les grosses réparations est une bonne pratique de bailleur. Cet outil indicatif estime une provision annuelle à partir du loyer mensuel et d’un taux de provision que vous choisissez (souvent situé entre 5 % et 10 % des loyers annuels selon l’âge et l’état du bien). Le résultat est affiché en MAD et en équivalent euros approximatif (base 11 MAD = 1 €). Estimation pédagogique, à adapter à votre situation.
Outils pratiques : la checklist du bailleur
Quelques réflexes simples permettent de prévenir la majorité des litiges liés aux travaux.
- Réaliser un état des lieux d’entrée et de sortie détaillé, avec photos datées.
- Conserver par écrit tous les signalements et réponses échangés avec le locataire.
- Traiter rapidement les désordres qui relèvent des grosses réparations.
- Constituer une provision annuelle pour gros travaux.
- Annoncer par courrier la nature, la durée et les modalités d’accès des travaux en cours de bail.
- Faire valider par un avocat toute situation conflictuelle avant d’agir.
Retours d’expérience (scénarios anonymisés et illustratifs)
Les situations ci-dessous sont des scénarios composites et anonymisés, destinés à illustrer des cas fréquents.
Scénario 1, le signalement ignoré. Un bailleur n’a pas réagi à plusieurs messages signalant une fuite. Les dégâts se sont étendus et la facture a triplé. La leçon : répondre vite aux signalements sérieux.
Scénario 2, l’état des lieux salvateur. À la sortie, un litige sur des dégradations a été tranché grâce à un état des lieux d’entrée photographié. La leçon : documenter dès le premier jour.
Scénario 3, la confusion des charges. Un locataire pensait que la peinture défraîchie était à sa charge ; il s’agissait d’usure normale, donc du bailleur. La leçon : connaître la frontière entre réparation locative et grosse réparation.
FAQ, Travaux en logement loué au Maroc
Qui paie les grosses réparations ? Le bailleur. Elles concernent la structure, la toiture, les installations principales et les parties communes.
Qui paie les petites réparations ? Le locataire, au titre des réparations locatives et de l’entretien courant.
Quel texte encadre tout cela ? La loi n° 67-12 (Dahir n° 1-13-111 du 19 novembre 2013) sur les rapports entre bailleurs et locataires.
Que faire si le bailleur ne répare pas ? Après mise en demeure, le locataire peut saisir le tribunal pour faire réaliser les travaux et en déduire le coût du loyer.
Le propriétaire peut-il entrer pour des travaux ? Oui, pour des travaux nécessaires, avec préavis raisonnable et dans le respect de la vie privée du locataire.
L’usure normale est-elle à la charge du locataire ? Non, l’usure normale liée au temps relève du bailleur.
Un état des lieux est-il obligatoire ? Il est vivement recommandé : c’est la meilleure preuve en cas de litige sur l’état du bien.
Le locataire peut-il faire des travaux d’aménagement ? Pas sans l’accord écrit du bailleur, surtout s’ils modifient le bien.
Peut-on obtenir une baisse de loyer pendant des travaux longs ? Selon les cas, une réduction peut être demandée si la jouissance du logement est durablement réduite.
Faut-il un professionnel pour gérer ces situations ? Pour les cas conflictuels ou les biens en location intensive, un accompagnement en gestion locative et un conseil juridique sont recommandés.
Conclusion
La gestion des travaux dans un logement loué repose sur un principe clair : au bailleur les grosses réparations et la garantie d’un logement décent, au locataire l’entretien courant et les réparations locatives. Entre les deux, la documentation, état des lieux, écrits, photos, règle la plupart des désaccords. Anticiper, dialoguer et traiter vite restent les meilleures protections, pour le patrimoine comme pour la relation locative.
Chez Armonia Solutions, nous prenons en charge la gestion locative et la coordination des travaux pour les propriétaires de Marrakech et d’Agadir. Pour déléguer ce suivi en toute sérénité, contactez notre équipe.
Travaux et fiscalité : ce que le bailleur peut déduire (2026)
Les travaux réalisés dans un logement loué n’ont pas qu’une dimension juridique : ils ont aussi un impact fiscal. Au Maroc, certaines dépenses d’entretien et de réparation supportées par le bailleur peuvent être prises en compte dans le calcul du revenu foncier imposable, à condition d’être justifiées par des factures en bonne et due forme. Conserver chaque devis, facture et preuve de paiement est donc une habitude rentable, qui peut alléger sensiblement la base imposable du propriétaire.
Il convient toutefois de distinguer l’entretien courant, généralement déductible, des travaux d’amélioration ou d’agrandissement, qui relèvent souvent d’une logique d’investissement et de valorisation patrimoniale. Chez Armonia Solutions, forte de plus de 25 ans d’expérience entre Paris et Marrakech, nous recommandons de classer les dépenses dès leur engagement, afin de présenter à l’administration un dossier clair. À titre d’ordre de grandeur, une réfection de plomberie peut représenter 3 000 à 8 000 MAD (environ 270 à 730 €) selon l’ampleur des désordres.
Pour les propriétaires non-résidents, cette rigueur comptable est d’autant plus importante que la distance complique la collecte des justificatifs. Un gestionnaire local centralise les factures et tient un registre des travaux, ce qui simplifie la déclaration annuelle et sécurise le propriétaire en cas de contrôle. La traçabilité des dépenses est, à nos yeux, un pilier d’une gestion locative saine et durable.
Prévenir les litiges : état des lieux et valeur de la preuve
La plupart des conflits liés aux travaux naissent d’un désaccord sur l’origine d’une dégradation. L’état des lieux d’entrée, daté et signé par les deux parties, constitue la pièce maîtresse pour trancher : il établit l’état initial du logement et permet d’imputer ensuite chaque dommage à l’usure normale, à un défaut d’entretien du locataire ou à une vétusté à la charge du bailleur. Sans ce document, la responsabilité devient difficile à démontrer.
Les photographies horodatées renforcent considérablement la valeur probante d’un dossier. Nous conseillons de documenter l’état du logement à chaque entrée et sortie, et de conserver les échanges écrits, messages, courriels, relatifs aux demandes de réparation. En cas de désaccord persistant, ces éléments servent de base à une résolution amiable, voie toujours préférable à une procédure judiciaire longue et coûteuse.
La communication joue un rôle préventif décisif. Un bailleur qui répond rapidement aux signalements et planifie les interventions évite que de petits désordres ne dégénèrent en litiges. À l’inverse, l’inaction peut autoriser le locataire à demander une réduction de loyer, voire la résiliation du bail. La réactivité protège donc autant la relation locative que la valeur du bien.
Travaux en copropriété : parties privatives et parties communes
Lorsque le logement loué se situe dans une copropriété, la frontière entre parties privatives et parties communes détermine qui supporte les travaux. Les réparations à l’intérieur de l’appartement relèvent du propriétaire ou du locataire selon leur nature, tandis que la toiture, les façades, les cages d’escalier ou les canalisations collectives sont à la charge du syndicat des copropriétaires et financées par les charges communes.
Le bailleur doit donc anticiper les appels de fonds votés en assemblée générale, notamment pour les gros travaux de ravalement ou de mise aux normes. Ces dépenses, parfois importantes, ne peuvent généralement pas être répercutées sur le locataire et doivent être intégrées au budget prévisionnel du propriétaire. À Marrakech, une participation à un ravalement de façade peut atteindre plusieurs milliers de dirhams par lot de copropriété.
Une bonne coordination avec le syndic évite les blocages. Lorsque des travaux communs affectent la jouissance du logement loué, le bailleur doit informer son locataire et, le cas échéant, ajuster temporairement les conditions du bail. Un gestionnaire professionnel assure cette interface, suit les décisions d’assemblée et veille à ce que les intérêts du propriétaire bailleur soient correctement représentés.
Sources et références
Cet article s’appuie sur la loi n° 67-12 régissant les baux d’habitation au Maroc. Le texte officiel est publié au Bulletin officiel par le Secrétariat Général du Gouvernement. Voir aussi nos guides internes sur la TVA sur la construction au Maroc et la rénovation immobilière. Pour toute situation litigieuse, consultez un avocat.
Le cas particulier de la location courte durée
Pour un logement exploité en location courte durée de type Airbnb, la logique de répartition reste celle de la loi, mais l’intensité d’usage change la donne. La rotation rapide des voyageurs accélère l’usure des équipements, du mobilier et des finitions. Le propriétaire qui exploite lui-même son bien supporte alors un entretien plus soutenu : remplacement régulier du linge, maintenance des appareils, reprises de peinture plus fréquentes. Anticiper ces coûts dans le calcul de rentabilité évite les déconvenues.
Lorsqu’un gestionnaire professionnel intervient, la coordination des petits travaux et l’entretien préventif font partie intégrante du service. C’est d’ailleurs l’un des intérêts de déléguer : disposer d’un interlocuteur qui détecte tôt les désordres, organise les interventions et tient le propriétaire informé, sans qu’il ait à gérer chaque artisan. Pour un bien situé à Marrakech ou Agadir et loué à des voyageurs, cette réactivité protège aussi la réputation et les évaluations en ligne.
Travaux d’amélioration et valorisation du bien
Au-delà des réparations imposées par la loi, le bailleur peut choisir de réaliser des travaux d’amélioration : rénovation d’une cuisine, modernisation d’une salle de bains, mise à niveau énergétique. Ces investissements ne sont pas obligatoires, mais ils augmentent l’attractivité locative et la valeur patrimoniale du bien. Bien ciblés, ils se traduisent par des loyers plus élevés, une vacance réduite et une revente facilitée.
La règle de prudence reste de distinguer ces travaux volontaires des réparations dues. Les premiers relèvent d’une stratégie d’investissement et doivent être évalués au regard du rendement attendu ; les seconds sont une obligation. Confondre les deux conduit soit à sur-investir dans un bien sans retour, soit à négliger des réparations essentielles. Un diagnostic objectif, idéalement appuyé par un professionnel de la gestion, aide à arbitrer.
Assurances : un filet de sécurité indispensable
Une assurance habitation adaptée constitue un complément essentiel au cadre légal. Pour le bailleur, elle couvre les dommages au bâti et certains sinistres (dégâts des eaux, incendie) ; pour le locataire, elle protège ses biens et sa responsabilité. En cas de sinistre touchant à des travaux, l’assurance peut prendre en charge tout ou partie des coûts, à condition que les garanties aient été correctement souscrites en amont. Vérifier l’étendue des couvertures avant tout problème fait partie d’une gestion responsable.









